Jusqu’au bout du monde

Proposition d’exercices pour cette semaine:

Matin: 
– Exercices du Corps de Rêve (4 Yang, 1 Yin) 
– Méditation du Sourire Intérieur 

Midi:
Chi Kung de la Déesse de la Compassion

16h gourmand:
Exercice de la 
Transcendance

Après le 
dîner:
Les Sons de Guérison

Avant de dormir:
Tao Yin 

Chaque semaineje me propose de « piocher » de manière aléatoire
une lettre parmi toutes, à 
laquelle je donnerai une réponse 
d’humeur du jour, suivant l’instant inspiré, comme il sera.

Ainsi qu’une suggestion d’exercices, en écho à nos moments 
partagés, qui nous inviteront à pratiquer et à glisser
d’une façon aisée dans notre quotidien des rendez-vous avec soi. 

Ci-dessous deux interviews de Boris Cyrulnik.
Merci à Caroline pour ce partage. 

Boris Cyrulnik:

« Après le coronavirus, il y aura des changements profonds, c’est la règle »

Par France Inter, le 16 mars 2020
(voir ci-après l’interview du 19 mars sur la Première/RTBF)

Le neuro-psychiatre a répondu à Ali Rebeihi dans l’émission Grand bien vous fasse consacrée à l’épidémie. Il a expliqué comment nos sociétés peuvent résister à cette crise et devenir résilientes.
 

Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik en novembre 2017 au Palais des congrès à Paris
© AFP / Michel Stoupak / NurPhoto

On doit s’adapter à une agression invisible. L’évolution humaine ne se fait que par crises. Après cette crise, la famille et le couple redeviendront des havres de paix.

BORIS CYRULNIK : « Les crises sont très fréquentes dans la condition humaine.
Il y a eu des périodes de glaciation où il a fallu s’adapter en augmentant la chasse.
Et pendant les périodes de réchauffement, il a fallu augmenter l’agriculture.
On a déjà connu beaucoup d’épidémies qui ont contraint à des révolutions culturelles, à de l’adaptation. 
 

Actuellement avec ce confinement, c’est la recherche interne que l’on doit viser.
 

Avec la lecture, la cuisine va prendre plus d’importance, alors qu’auparavant, on mangeait sur le pouce de la nourriture industrielle.
On va plus écouter la radio, de la musique. On va s’adapter en effectuant un repli sur soi, on va retrouver les valeurs de nos grands-parents.

A ceux qui s’inquiètent pour leur travail, leur famille, leurs enfants, je leur dis qu’il faut s’inquiéter de façon à prendre les mesures de protection.
Si on les respecte, l’inquiétude va diminuer. En s’adaptant au confinement, il y aura beaucoup moins de raisons de s’inquiéter. 
 

Quand l’épidémie sera terminée, on constatera que l’on aura dépoussiéré d’anciennes valeurs qui nous serviront à mettre au point une nouvelle manière de vivre ensemble.

Il y aura des changements profonds, c’est la règle. 

A chaque épidémie, ou catastrophe naturelle, il y a eu changement culturel. Après le trauma, on est obligé de découvrir de nouvelles règles, de nouvelles manières de vivre ensemble. 

Au Moyen-âge, on n’avait pas compris qu’il fallait mettre en place le confinement : les gens infectés fuyaient emportant avec eux le bacille. Et en Europe, deux ans après l’épidémie de peste de 1348, un Européen sur deux avait disparu. 

Quand l’épidémie s’est arrêtée, les valeurs sociales avaient complètement changé. On avait découvert les arts de la maison. Auparavant l’art était essentiellement religieux. On a vu apparaître le gibier et les fruits peints délicatement, les tapis sous les tables. 

Et surtout, on a vu que les rapports de production avaient complètement changé : avant l’épidémie, la plupart des hommes, étaient considérés comme des serfs et étaient vendus avec la terre. 

Après, il y avait eu tellement de morts que les survivants qui acceptaient de travailler, n’étaient plus des serfs : on a dû les payer pour qu’ils veuillent bien travailler. Les rapports de production et la hiérarchie des valeurs avaient été complètement transformés. » 


Et une interview sur la Première, dont vous trouverez le texte complet ci-dessous: 

https://www.rtbf.be/auvio/detail_boris-cyrulnik?id=2614574&fbclid=IwAR3tuylJdUY6HSuyQoMnVKQqDQFdKBEPhyoAhnO0DfoNGojtCq4MvGJGsmg

RTBF: Entrez sans frapper

Interview de Boris Cyrulnik 

19.03.20
 

BORIS CYRULNIK: On est confinés, c’est une protection, mais c’est une protection couteuse. C’est une protection contre la mort, contre le virus, donc il faut la faire. Ça nous protège civiquement. Mais c’est une altération psychologique si on ne se défend pas. Alors on est contraints, pour supporter le confinement, à developper des mécanismes de défense, c’est à dire le monde intérieur, la parole, la communication avec les gens qu’on aime, la réflexion, la redécouverte des anciennes valeurs, des anciennes cultures. Et si on ne le fait pas, on sera malheureux. Il y a beaucoup de gens déjà qui commencent à mal supporter le confinement, et on n’a pas le choix. Il faut le faire. Donc, il va y avoir quelques semaines d’épreuve, mais quelques uns parmi nous vont redécouvrir des qualités qu’on ne soupçonnait pas avant. 
 

Question: Vous avez dit « après le trauma, on est obligés de découvrir de nouvelles règles, des nouvelles manières de vivre ensemble ». Évidemment, on sait que depuis des années, le monde tourne étrangement, et que nous allons dans le mur, de toutes façons possibles bien sûr, pas nécessairement celle que nous vivons en ces moment. Il y a plein d’autres murs que nous nous prendrons. Evidemment, un événement comme ça ne va pas changer fondamentalement notre manière de vivre après, mais un peu quand même? 
 

BORIS CYRULNIK: beaucoup. Dans l’histoire des êtres humains sur terre, depuis 200 000 ans, il y a répétitivement des accidents, des catastrophes bactériennes ou virales, qui tuent énormément de monde. La peste de 1348 à Marseille a tué en deux ans un européen sur deux. Il y a eu énormément de peste noire, de choléra, d‘épidémies virales depuis l’origine de l’humanité; et à chaque épidémie, les survivants ont été contraints à bouleverser leurs conditions d’existence. Les cultures ont énormément changé après chaque épidémie. Pour l’instant, on vit dans l’adaptation, on est dans l’affrontement du virus puisqu’il est là. Mais quand le virus sera mort, nous, on sera autorisés à revivre, mais on fera à ce moment là le bilan des mots, le bilan des ruines, des dettes nationale, qui va être énorme. Toutes les réformes, toutes les aides sociales qu’on avait prévu seront probablement impossibles, et il faudra inventer une nouvelle manière de vivre ensemble. C’est à dire que ce qui nous attend, c’est une révolution culturelle. Après l’épidémie marseillaise de 1348 – on a les archives: il y a les mairies, les cimetières, les églises qui tenaient beaucoup d’archives…un rat est descendu et a rendu le choléra, une peste noire. Les gens ont fuit la mort. En fuyant, ils ont transporté la peste puisqu’ils ne savaient pas que le confinement permettait justement de ne pas transporter la peste. Donc, quand les parisiens ont fuit Paris il y a deux jours pour rejoindre leur famille et leur maison de vacance, ils ont transporté le virus avec eux. C’est ce qu’on a fait en 1348. 

Après 1348, il y a eu des modifications. Avant 1348, l’art était l’art religieux. C’était la religion qui fabriquait du social. Deux ans après, on voit apparaitre une nouvelle forme d’art. Les foyers ont été tellement sur-investis, parce qu’on avait découvert l’effet protecteur du foyer, que l’art a changé de forme, et on a vu apparaitre l’art du gibier, des fruits, de la peinture des fruits, de la peinture des bouteilles, les tapis sur la table. Et surtout, avant 1348, il y avait beaucoup d’hommes, donc c’était des serfs, qui travaillaient sur la terre des seigneurs, qui étaient vendus avec la terre. Deux ans après, il y a fait tant d’hommes mort que pour inviter à paysans à travailler, il a fallu les payer, et le servage a disparu. En deux ans, c’est une immense révolution artistique et culturelle. 
 

Question: Alors votre dada à vous, c’est la résilience. On rappelle que ce n’est pas tomber à vélo et remonter sur son vélo. C’est un traumatisme grave qui va nous pousser, non pas juste à continuer à vivre, mais à inventer un autre moi, une autre manière de vivre, de se présenter aux autres et à la vie. C’est le mot « autres » qui est le plus important dans ce concept de résilience. A votre avis, quand nous serons sortis victorieux de cette lutte contre le virus, c’est quoi, l’essentiel « autre chose » que nous serons, ou que nous ferons?
 

BORIS CYRULNIK: C’est le mot « autre » qui définit la résilience. Actuellement, le confinement qui est une protection physique est en même temps une altération psychique. Donc, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de protection dès maintenant, pour ne pas trop souffrir du confinement, puisqu’on ne sait pas très bien combien ça va durer, mais à coup sûr plusieurs semaines. Donc, il est nécessaire de se protéger, de parler, de téléphoner, de diminuer les sms, de diminuer la course, de façon à redécouvrir les trois mots de la protection qui sont « l’action » – on pourra peut pas sortir donc il faudra faire de la culture physique à domicile, « l’affection » – on pourra peut être pas rencontrer nos proches, donc il faudra parler avec eux par téléphone, leur faire des déclarations d’amour pour activer l’attachement – et « la réflexion », c’est à dire qu’il faudra se préparer à, plus tard, déclencher un processus de résilience. Quand le virus sera mort, nous, on va se remettre à vivre et à ce moment là, on fera le bilan des dégâts. Et on réfléchira à cette ancienne folle culture qui nous a menés à souffrir, parce que l’étrangeté de notre situation, c’est que les conditions matérielles d’existence n’ont jamais été aussi bonnes depuis que l’homme existe, et il n’y a jamais eu autant d’angoisses et de dépressions. L’organisme mondial de la santé dit que c’est le premier budget de la santé de toutes les nations, ce qui est quand même fou, parce qu’on a une espérance de vie qui n’a jamais été aussi longue, on a des conditions matérielles de d’existence qui n’ont jamais été aussi bonnes, et on n’a jamais autant déprimé, et été autant anxieux. 

Pour les femmes, elles n’ont jamais eu des conditions de vie si bonnes. La mortalité en couche est très faible aujourd’hui, alors qu’elle était de 14 pour cent avant la découverte de la profilaxie de l’accouchement en 1862. La mortalité des enfants n’a jamais été aussi faible, alors qu’elle était de un enfant sur deux jusqu’à la fin du 19ème siècle. Or, les femmes enceintes n’ont jamais été autant dépressives et anxieuses, puisqu’on évalue dans les quartiers en précarité sociale à 20 pour cent avant l’accouchement de femmes qui dépriment, et 30 pour cent après l’accouchement. Ce sont des chiffres faramineux, alors que les femmes n’ont jamais été autant protégées. 

Et pour les enfants, c’est exactement la même chose. Ils n’ont jamais eu une attention aussi grande, de bien les élever, de les vacciner, de leur diminuer les traumatismes, de leur donner la possibilité de vivre presqu’un siècle: 88 ans pour les femmes, 83-85 ans pour les hommes. Ça n’a jamais été aussi bon. Et on voit que dans les pays où la technologie se développe, les enfants n’ont jamais été autant anxieux qu’aux Etats-Unis; au Japon, c’est une véritable épidémie; en Chine, et dans tous les pays de la modernité. La modernité, qui représente un progrès énorme de l’esprit humain, vulnérabilise incroyablement la condition humaine. 

Donc quand le virus sera mort et que nous, on pourra se remettre à vivre, on sera contraints à réfléchir à ce paradoxe, et à inventer, comme vous l’avez dit, une nouvelle manière de vivre ensemble, parce que l’ancienne manière était terriblement couteuse. 
 

Question: Ce qui est extrêmement paradoxal, c’est qu’on devient de plus en plus solitaires avec notre téléphone, même si on a l’impression de communiquer avec le monde, et là, on se rend compte, avec ce confinement qui vient pourtant de commencer, que les autres nous manquent, que la peau des autres nous manque, le fait de serrer une main, d’embrasse une joue, ce sont des choses qui nous manquent formidablement. Évidement, les grandes discussions face à face avec quelqu’un aussi. C’est à ça qu’il faudra faire attention quand nous allons nous en sortir? Le plus important du monde, la merveille du monde, c’est les autres? 
 

BORIS CYRULNIK: Exactement, la merveille du monde, c’est les autres, mais l’enfer, c’est aussi les autres. On est contraints à vivre avec les autres, et c’est pas facile. Et pour cela, il faut des rituels de politesse, il faut des déclarations d’affection, il faut qu’il y ait des rebonds d’attachement, des cultures pour nous apprendre à vivre avec les autres. Parce que, c’est une merveille de vivre avec les autres, mais c’est parfois une horreur de vivre avec les autres. La maltraitance familiale est une catastrophe, les divorces n’ont jamais été aussi nombreux. Parce qu’on a moins besoin des autres. 

Quand j’étais gamin, la solidarité était une contrainte. Quand les hommes travaillaient 15 heures par jour au fond des mines, 6 jours par semaine, ils étaient hébétés de fatigue et ils ne pouvaient pas vivre sans femme. Et les femmes étaient contraintes de profiter de la force musculaire et du sacrifice des hommes, ce qui fait qu’elle acceptaient d’être dominées par les hommes. Elles acceptaient de les servir à table, ce qui aujourd’hui est vécu comme une incroyable injustice, et qui effectivement serait aujourd’hui une injustice, une domination; mais il y a deux générations, c’était une adaptation à la violence du travail que les hommes acceptaient parce qu’il étaient héroïsés. Et les femmes acceptaient la domination, parce que dans ce contexte où le travail était d’une extrême violence, la maison était un havre de confort, de sécurité et d’affection. Les femmes avaient accès à l’affection, pas les hommes. Les hommes n’avaient accès qu’à la production, au sacrifice. Ils étaient héroïsés en échange, et ils mourraient. Quand j’étais médecin, j’ai vu des mineurs mourir de silicose entre 45 et 50 ans. J’ai vu les ouvriers tomber dans les chantiers navals. Ils étaient mutilés. Ils tombaient, ils se tuaient, ils étaient héroïsés et donnaient tout leur salaire à leur femme. Donc, bien sûr, les femmes étaient dominées, elles étaient entravées, elles étaient consacrées au service des hommes, mais il faut bien contextualiser l’information. En échange, dans une culture où le travail était d’une violence extrême, où les guerres régulières – j’ai connu deux guerres – la guerre mondiale et la guerre d’Algérie. Les jeunes ne savent même plus ce que c’est que les guerres, et c’est un énorme progrès, tant mieux. Mais ça veut dire qu’il faut bien recontextualiser les informations: les hommes étaient bien sûr héroïsés, invités à la domination, au pris du sacrifice. Et les femmes étaient invitées à accepter la domination et la maternité, au pris du sacrifice elles aussi. Mais le sacrifice avait une autre fonction, c’était une fonction d’adaptation à des conditions d’existence très dures. 
 

Question: Évidement, on est tous en train de se poser cette question: combien de temps ça va durer? Cela risque de durer plusieurs semaines. Il est probable même qu’on dépasse le mois dans ces différents confinements qui nous sont proposés. Imposés, mais proposés surtout parce que c’est une grande histoire de solidarité, évidemment, ce que nous sommes en train de vivre. Mais, c’est vrai que nous allons devoir vivre avec les autres dans un endroit confiné. Pour la plupart d’entre nous, ce sont les gens que nous avons choisi, qu’à priori nous aimons, même si on sait que les histoire d’amour, c’est pas facile, même si on sait que les relation parents-enfants, c’est pas facile. La cellule nucléaire, la famille, comme on l’appelle, va être mise à l’épreuve, parce que, d’habitude, on a tous un petit endroit où on peut aller s’enfermer, que ce soit le travail, la salle de sport, la salle de cinéma, le bar, le restaurant, les amis, etc. Tous ça, maintenant, va un peu exploser en éclat pendant un mois, et la famille va se retrouver véritablement sur elle-même. Quels sont les conseils que le neuropsychiatre que vous êtes donne à tout le monde, à savoir toutes ces familles qui vont devoir vivre les unes sur les autres, sans activités extérieures réelles? Parce que c’est vrai que ça va être difficile. 
 

BORIS CYRULNIK: Ça va être difficile et passionnant. Un grand nombre de personnes, enfants, adolescents, pourront découvrir l’affection familiale que notre ancienne culture avait complètement dévaluée. Les femmes n’ont plus besoin d’hommes. Elles n’acceptent plus la domination des hommes, puisque maintenant, elles sont autonomes et elles apprennent des métiers qu’elle font très bien, parfois même mieux que les hommes. donc, elles n’ont plus aucune raison de se laisser dominer. Aujourd’hui, entraver une femme, c’est une injustice, c’est un crime. Les femmes vont redécouvrir une autre fonction. Nous, on va redécouvrir la fonction affective, protective de la famille. Les enfants vont être sécurisés dans les familles. On va être obligés de réinventer des jeux familiaux qu’on avait oublié. Il y avait une télévision par chambre. Les enfants avaient un ou deux écrans par enfant. Maintenant, il va falloir redécouvrir la veillée. Quand j’étais gamin, avant la seconde guerre mondiale, dans le sud-ouest de la France, on entrait les bancs dans la cheminée, de façon à pouvoir se chauffer le soir aux braises. Et tout le monde devait faire preuve de civilité. Il y avait celui qui chantait, celle qui racontait de jolies histoires, il y avait les débats philosophiques, les échanges d’aliments, et ces soirées à la veillée étaient des moment délicieux. Et puis, ils ont disparu. Chacun était dans sa chambre avec un écran, et les parents devenaient une entrave, alors qu’ils étaient une protection il y a deux générations. La pilule, qui était la première libération des femmes, est devenu une entrave pour les jeunes femmes. Pourquoi, Maman, tu surveilles ma sexualité? Parce que, ma chérie, je veux que tu aies une sexualité libre, sans entraves. Donc, ça a changé de signification. 

Alors une partie d’entre nous vont redécouvrir le bonheur de vivre en famille. Mais une autre partie d’entre nous, vont redécouvrir le pouvoir étouffant des familles. Et notamment dans les familles closes, la violence est extrême. Et là, il n’y aura plus le regard social pour entraver les hommes violents. Parce que les hommes sont plus violents que les femmes. Dans la violence conjugale, 20 pour cent des violences sont le fait des femmes. 80 pour cent sont donc le fait des hommes. Dans les prisons en France, il n’y a que 2 ou 3 pour cent de femmes. Tous les prisonniers sont des hommes. Mais la violence a fabriqué du social. C’est grâce à la violence des hommes, valorisée dans ce qu’on appelait la virilité, c’était une manière d’entraîner les garçons et de les former à la violence. Par bonheur, ça a été un énorme progrès social: former un garçon à la violence aujourd’hui, c’est une régression immense. Ça a été une manière de fabriquer du social pendant des millénaires. 

Donc maintenant, on va redécouvrir le bénéfice de la famille, l’affection, le rituel, la tradition, les récits familiaux, et on va redécouvrir aussi la violence familiale; et là il n’y aura plus le contrôle externe, donc il faut absolument qu’en urgence, on découvre le moyen d’entrer dans ces familles closes, et de ne plus laisser les hommes, et parfois les femmes violentes, exercer leur violence. 


Question: Les trois mots les plus importants que vous nous avez dit, c’était « action », tout d’abord: on va faire un peu de sport à l’intérieur. Et puis…
 

BORIS CYRULNIK: c’était « affection »: téléphoner, se faire des cadeaux, se faire des partages. Et puis, « réflexion »: lire et chercher à comprendre ce qui nous arrive pour préparer la prochaine révolution culturelle. 

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